L’évènement culturel le plus important de ce mois-ci, qui polarise aussi bien le monde des arts,l’opinion publique que l’ensemble des médias internationaux,reste incontestablement le festival de Cannes,l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses manifestations de cinéma dans le monde,dont l’édition actuelle qui a tendance à se démarquer des précédents, en se libérant de l’ascendant hégémonique du cinéma américain.
C’est en fait cet aspect là qui a le plus retenu notre attention et que nous allons mettre en exergue, en tenant compte de la nouvelle approche mondialisante.
Nous relevons, de prime abord, que la mondialisation avant d’être proclamée et consacrée comme une réalité incontournable du monde d’aujourd’hui, avant même d’investir avec autant d’agressivité tous les aspects du vécu quotidien des peuples, surtout ceux du sud condamnés toujours à subir et à consommer.
La mondialisation a fait ses premiers essais avec le cinéma et l’audiovisuel.
Cette mondialisation rampante qui avait pris forme avec le cinéma hollywoodien et, plus tard, avec les productions a des effets spéciaux sophistiqués, était a sens unique et loin d’être multilatéral, elle est devenue universellement américaine.
Donc, nous constatons qu’il s’agit là d’une hégémonie globalisante du produit américain, dont l’industrie cinématographique et audiovisuelle accapare plus de 85% du marché mondial, aux niveaux de la production et de la distribution!
Le reste du monde, Europe et l’Asie inclus, auront à grignoter un ratio de 15% qui se réduirait au fil des années et surtout, au rythme des prodigieuses découvertes et mutations technologiques.
Le comble du paradoxe, c’est que la mondialisation a dévié, dés le départ,de son véritable itinéraire et de son noble objectif à savoir mettre à la portée de tous les peuples de la planète les fruits et les dividendes des progrès économiques et technologiques,en faisant profiter tous les pays équitablement des fruits de la mondialisation.
Outre les pays du sud, l’Europe se trouve la cible la plus proche et la mieux disponible à subir l’invasion hégémonique de la production américaine, aussi bien cinématographique
qu'audiovisuelle. D’où la réaction énergique de la France, qui a toujours appelé au privilège culturel. C’est ce qu’apparemment a prévu l’actuelle session de Cannes, où la présence européenne est dominante, suivie d’une participation asiatique et arabe, surtout dans la composition du jury où l’on souligne la présence d’un palestinien pour la première fois.Cest significatif!
La mondialisation, pour être efficiente et productive,doit favoriser davantage l’échange et le brassage interculturels, renforcer le dialogue et l’intercomplèmentarité entre les nations les mêmes chances d’accéder à la prospérité.
Est-ce le cas ?
Il revient à ces grandes manifestations culturelles,tel le Festival de Cannes,de réorienter le cours des faits et de remettre la pendule à l’heure du dialogue et de la complémentarité,en opposant à l’hégémonisme globalisant,la coopération généreuse et solidaire ;et à l’égocentrisme l’ouverture sur l’autre, pour comprendre et puiser dans ses spécificités différentielles des éléments d’enrichissement et de brassage interculturels. Ce sont ces valeurs éthiques que ces importantes manifestations culturelles, en particulier le Festival de Cannes, sont appeleés à ancrer et à promouvoir pour conférer au discours mondialisant une dimension humaniste.
Toutefois, la gigantesque machine de production américaine peut contribuer énormément à cette oeuvre d’humanisation de la mondialisation ; en mettant ses énormes moyens technologiques pour mettre en valeur les immenses richesses culturelles et civilisationnelles des pays du sud.Tant qu’il leur est impossible de le faire avec leurs propres moyens réduits et souvent archaïques. C’est là une contribution de taille dans le renforcement de l’échange, du dialogue entre les cultures et surtout de la propagation du progrès t du bien-être partout dans le monde.
Par la même occasion, le cinéma américain trouvera de nouvelles opportunités pour enrichir son produit et sortir des sentiers battus, tout en apportant à la production culturelle mondiale une dimension humaniste.
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